L'INDRE en BERRY
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les chiffres:
Superficie: 6825 km²
Point culminant: colline de Fragne (459 m)
Préfecture: Châteauroux, 4 arrondissements, 26 cantons, 247
communes
Population: 237510 habitants
Histoire
Le département défini en 1790, est essentiellement formé
du Bas-Berry avec des emprunts à la Marche, à la Touraine,
au Poitou et au Val-de-Loire. Département du Centre par excellence,
il s'appuie sur le Bassin parisien, le Massif central et l'Aquitaine: son
histoire est le reflet des tendances contradictoires de cette "zone de
contacts et de frictions". Largement peuplée à l'époque
préhistorique et celtique, la région fut occupée par
la tribu gauloise des Bituriges, dont le territoire s'étendait à
tout le Massif Central. Ils s'opposèrent farouchement à la
campagne de César en 52 avant JC. La Pax Romana intégra le
Berry à l'Aquitaine au IIème siècle, avec Bourges
pour capitale; Déols pour sa part devint celle du Bas-berry. Les
invasions barbares, venues tant du sud que du nord, Sarrasins et Normands,
ravagèrent la région que les Francs avaient incorporée
précédemment au duché d'Aquitaine. Les archevêques
de Bourges ne détenaient pas seulement l'autorité spirituelle,
métropolites d'Aquitaine, mais aussi la propriété
du Berry jusqu'au milieu du Moyen-Age. Toutefois ils en déléguèrent
largement l'administration aux grands féodaux. Ainsi les princes
de Déols (2km de Châteauroux, célèbre pour son
abbaye bénédictine du 10è siècle aujourd'hui
disparue) abandonnèrent à la couronne d'Angleterre le Bas-Berry,
que Philippe Auguste eut bien du mal à réintégrer
au royaume de france.
Les Condé acquirent au
17è siècle la seigneurie de Châteauroux, que leur racheta
Louis XV au siècle suivant. Le comte d'Artois, futur Charles X,
la reçut en apanage. Son fils, assassiné en 1820 par l'anarchiste
Louvel, fut le dernier à porter le titre de duc de Berry. Si les
désordres des guerres de Religion furent particulièrement
ressentis dans les Bas-Berry, les ravages dus aux guerres ou à la
Révolution furent, en revanche, moins sensibles qu'ailleurs.
Géographie
La géologie du département est, elle aussi, caractéristique
d'un territoire de transition, constituant des régions bien particulières.
On en distingue trois:
-A l'ouest, la Brenne,
au sol imperméable argilo-gréseux qui favorise la formation
d'étangs; région d'un faible relief où moutonnent
quelques croupes boisées.
-Au sud, le Boischaut, distingué entre
le Boischaut nord et le boischaut sud. C'est un riche terroir argilo-calcaire,
coupé de petites vallées et compartimenté en bocages
(dont Boischaut est synonyme), qui se caractérise par son aspect
verdoyant.
-A l'est, la Champagne berrichonne, dont le sol argilo-calcaire appartient
à la formation du Lias du Bassin parisien, présente l'aspect
d'une plaine céréalière faiblement mouvementée.
Le département est irrigué par trois rivières importantes: l'Indre,la creuse, et la Gartempe, dotées d'un important réseau affluent. L'économie est essentiellement agricole: prairies artificielles, céréales et oléagineux dans la Champagne berrichonne; élevage plus important en Brenne, et, surtout dans le Boischaut, où l'on trouve aussi la vigne; petite polyculture dans la Brenne, mais aussi pisciculture, pêche et chasse. On note quelques industries: matériaux de construction, métallurgie, produits pharmaceutiques, céréaliers, biscuiteries, conserveries, fromages de chèvre et miel réputés. Le climat se partage, lui aussi, selon une double tendance océanique et continentale. Le département est à l'écart des grands axes de circulation; Châteauroux, toutefois, représente un carrefour routier important (autoroutes).
La Nature
Celle-ci varie à la mesure des régions naturelles décrites
précédemment, mais elle pourrait se définir dans son
ensemble par un charme discret. Le Boischaut est la région la plus
pittoresque, bien que ses bocages aient tendu à disparaître
devant les exigences de la culture intensive. Heureusement, une politique
inverse s'est dessinée. Sans être accidenté, son relief,
dû à la proximité du Massif Central, reste le plus
mouvementé du département. La fameuse "Vallée
Noire" baptisée par George Sand un soir d'orage, est surtout
verdoyante, comme l'ensemble de cette délicieuse région.
La Champagne berrichonne, à l'image de ses habitants, est plus austère;
c'est aussi la contrée la plus riche, avec ses céréales,
son maïs, son colza qui forment de bien séduisantes mosaïques.
Toutefois, son profil de plaine légèrement inclinée
lui donne un aspect uniforme. La Brenne, aux maigres terrains (qui ont
entraîné sa désertification), conserve le charme un
peu triste de la Sologne: taillis, étangs, et landes alternent avec
une petite polyculture. La monotonie est rompue par des buttes boisées.
Les Arts
A l'écart des routes traditionnelles d'invasion, et relativement
épargné par les guerres civiles ou étrangères,
le département de l'Indre a conservé l'essentiel de son patrimoine
artistique. Révélée récemment, sa civilisation
mégalithique est bien affirmée, avec de nombreux dolmens
et menhirs en état. Les vestiges romains attestent une présence
importante: anciennes cités de Déols et d'Argentomagus,
station d'Argenton/Creuse, nombreuses nécropoles, établissements
et villas. Les conflits, essentiellement les guerres anglaises, imposèrent
la construction d'un système de défense médiéval,
places fortifiées et châteaux forts. Peu d'ensembles militaires
nous sont parvenus; on retient d'imposants vestiges, comme à Buzançais,
Châteauroux, Châtillon/Indre, Issoudun;
en revanche, de hautaines forteresses sont demeurées intactes: Argy,
La
Motte Feuilly, Sarzay
et son "paquet de chandelles"...
Les châteaux de plaisance ayant remplacé les demeures féodales,
on voit s'épanouir la Renaissance, comme à Azay-le-Ferron,
Valençay
ou Villegongis (le "Chambord Berrichon"),
puis le 18 è siècle à Bouges (dit "Petit Trianon du
Berry"), La Moustière et Nohant, marqué
par la présence de george Sand. L'architecture civile, outre les
remarquables ensembles urbains, s'exprime dans de délicieux villages:
Gargilesse
Dampierre, d'un grand pittoresque, ou Saint-Benoît
du Sault, haut perché sur une butte du Boischaut. Le patrimoine
monumental d'art sacré a été lui aussi très
préservé; il a même échappé, en grande
partie, aux retouches du 19 è siècle. Terre de croyances
profondes dont il a longtemps conservé les superstitions, comme
ses voisins du Poitou et du Limousin, le Berry a vu s'épanouir à
l'époque romane l'essentiel de ses églises.
Les cryptes mérovingiennes de Déols (magnifique sarcophage
paléo-chrétien) et de Reuilly sont les vestiges de sanctuaires
primitifs. Principaux sanctuaires romans: on trouve de purs édifices
du 11 è siècle en leur état d'origine, comme à
Saint-Gaultier;
des clochers isolés comme celui de Déols, superbe vestige
de l'abbaye bénédictine; les églises d'Ardentes ou
de Bommiers, la collégiale de
Châtillon/Indre, les églises fortifiées de Lourdoueix
ou de St Marcel, l'exceptionnelle rotonde de Neuvy-Saint-Sépulchre,
copiée sur celle de Jérusalem; de précieuses fresques
romanes du 12 è siècle sont visibles à l'abbatiale
de Méobecq, à l'église de Vic, avec un ensemble remarquable
de chapiteaux à Gargilesse et à
la Berthenoux, et le riche portail d'Ecueillé...
La transition romano-gothique se manifeste dans la superbe collégiale
de Levroux (ensemble de stalles à miséricordes)
et dans l'église de Chabris, originaire du premier art roman. Le
gothique est présent, à Issoudun avec
l'église Saint-Cyr (exceptionnelle verrière du 15 è
siècle), et à Saint-Sauveur d'Argenton. Enfin, de précieux
et rares petits monuments s'observent çà et là, tels
que les lanternes des morts d'Estrées et de Vouillon, ou les croix
gothiques de Montipouret. De nombreux pélerinages, fontaines miraculeuses
ou chapelles votives, témoignent d'une foi toujours vive imprégnée
de superstition. Le département s'attache à la mise en valeur
de son patrimoine, au développement du tourisme vers ses châteaux
ouverts à la visite, à ses vingt-cinq musées et à
la révélation de ses espaces naturels.