GEORGE SAND
                                                        retour page précédente

                                                                                                                retour vers le sommaire
                                        Indications chronologiques sur la vie de George Sand

1804 1er Juillet Naissance à Paris d'Aurore,

fille de Maurice Dupin de Francueil et d'Antoinette-Sophie Delaborde.

Sa grand-mère paternelle, fille naturelle de Maurice de Saxe et d'une des demoiselles de Verrières, avait été élevée à Saint-Cyr, et avait épousé le fils du fermier général Dupin; musicien, compositeur, luthier, architecte, cet homme riche, plein de dons, fit le bonheur de sa femme qui avait trente ans de moins que lui. elle même pratique le chant et la harpe, et aime la musique des maîtres italiens du chant sacré aux XVIIe et XVIIIe siècles. Tout autre est la mère de George Sand, fille d'un maître oiselier, qui eut de nombreux amants et mena une vie aventureuse jusqu'à ce qu'elle rencontre Maurice. Elle aime les chansons populaires et les beautés naturelles, et elle est très adroite de ses mains. Mais elle est emportée, sans éducation et déséquilibrée.

1808 Maurice Dupin, aide de camp de Murat, se rend à Madrid avec sa femme et sa fille. Retour dangereux en France au milieu des périls de la guerre. Chez sa mère à Nohant (propriété acquise en 1793 par Mme Dupin de Francueil), il se tue à cheval. Aurore avait jusqu'alors vécu une vie de pauvreté avec sa mère. Elle va être élevée à Nohant, au milieu des désaccords entre sa grand-mère et sa mère. Celle-ci les quitte, malgré ses promesses à Aurore, et va vivre à Paris. L'enfant vit concentrée, souffrant dans sa sensibilité; elle s'invente un petit dieu, Corambé, se fait la camarade des petits paysans, écoute les contes des veillées. Ses études musicales sont entreprises sous la direction de sa grand-mère; les autres, sous la direction du dévoué et pédant Deschâtres, qui est aussi le précepteur d'Hippolyte Chatiron, fils naturel de Maurice Dupin.

1818 Aurore, sauvage et sans les connaissances alors nécessaires à une jeune fille de bonne famille, passe près de trois ans au couvent des Augustines anglaises, à Paris.
Elle y rencontre en soeur Mary-Alicia une mère adoptive, qui représente pour elle l'idéal de la religion sans bigoterie, et en l'humble soeur Hélène une sorte d'incarnation moderne de Jeanne d'Arc ou de Ste Geneviève.

1820 mort de sa grand-mère. Mésentente avec sa mère, qui, déséquilibrée, ne sait que faire d'une fille mystique et garçonnière.

1822 Mariage avec François-Casimir Dudevant, ex-officier, né en 1795, fort désargenté. George Sand, meurtris par la brutalité amoureuse de son mari et ses goûts peu lettrés, tente pourtant de mener une vie conjugale qu'elle ne facilite guère de son côté par son indépendance, ses accès de spleen, bientôt ses liaisons. Rencontre en 1825 à Cauterets d'Aurélien de Sèze; correspondance romanesque. A cette amitié platonique, semble-t-il, en succèdent d'autres qui le sont moins, pendant que Casimir entretient des amours ancillaires. Maurice est né en 1823. Sologne naît en 1828, et il se pourrait que Casimir ne fût pas son père. Aurore vit très solitaire dans un Nohant bouleversé par la volonté de Casimir. Elle étudie la botanique, écrit des ébauches de romans.

1831 Elle quitte Nohant avec Jules Sandeau, connaît le Paris romantique et agité de l'époque, écrit et publie avec Sandeau Rose et Blanche, sous la signature J.Sand. Henri de Latouche, né à La Châtre, critique écouté du Figaro, la lance.

1832Indiana, sous la signature George Sand. Succès considérable. Valentine, où l'on trouve une première description de la Vallée Noire

1833-34Lélia, qui, comme les premiers romans, prêche la révolte "contre la tyrannie de l'homme dans le mariage, contre l'hypocrisie des moeurs". George sand a l'audace d'étudier dans le personnage de Lélia une femme qui souffre de frigidité. Pourtant, on aurait tort de réduire ce roman à une étude individuelle. Il aborde des questions métaphysiques et des questions sociales. George Sand renonce à la vie commune avec Sandeau. Liaison avec Musset, bref bonheur à Fontainebleau. Voyage en Italie. Dissentiments, Musset se plaignait du pédantisme et de la froideur de george Sand, qui travaille beaucoup. Infidélité de Musset, liaison de George Sand avec le médecin Lamennais: Paroles d'un croyant 1834

1835-36 Liaison avec l'avocat berrichon Michel de Bourges, ardent républicain, qui veut arracher G.Sand à son "athéisme social". Il semble qu'il lui révèle l'amour physique. Mais son caractère entier et tyrannique ne convient pas à l'écrivain, qui entretient avec lui une liaison agitée jusqu'en 1837. G.Sand, écrit de 1834 à 1836 les très belles lettres d'un voyageur, publiées dans la revue des deux mondes, et adressées aux Berrichons Néraud, Rollinat et Michel. Elle y expose ses sentiments sur la nature, la société, l'art, qu"elle proclame nécessaire au socialisme. Partageant son temps entre Nohant (elle obtient en 1836 d'être légalement séparée de son mari)  et Paris, George Sand se lie avec Lamenais, Heine, Mickiewicz, Listz, Delacroix, Pierre Leroux qui l'attire à son socialisme. Fondé sur une pensée unitaire, ce socialisme professe que le XXème siècle va connaître la fusion de la sensation, du coeur et de l'intelligence dans une société égalitaire. L'Encyclopédie nouvelle, que Leroux dirige, est lue avec passion par George Sand.

1837Mauprat. Listz et Marie d'Agoult à Nohant. Les Maîtres Mosaïstes. Mort de Sophie-Voctoire Dupin, mère de George Sand.

1838-1847 Liaison avec Chopin, brouille avec Marie d'Agoult. A Majorque, de Novembre 1838 au printemps 1839. De 1839 à 1846, vie partagée entre Nohant et Paris, rue Pigalle jusqu'en 1842, rue Taitbout ensuite; George Sand et Chopin y sont voisins du ménage Viardot, que George Sand a beaucoup contribué à fonder. Pauline Garcia, la grande cantatrice, lui paraît être le modèle achevé de la femme artiste.
Dès 1840, Pauline et Chopin, à Nohant, ont cherché à noter les chansons et les musiques berrichonnes.
George Sand exprime dans toutes ses oeuvres de l'époque sa confiance dans l'avènement du socialisme: Le Compagnon du Tour de France 1840, Consuelo 1842-44, et les romans qui se déroulent dans le Berry, Jeanne 1844, Le Meunier d'Angibault 1845, La Mare au Diable 1846, François le Champi 1847. D'autre part, dans la Revue indépendante, organe de Pierre Leroux, que G.Sand soutient financièrement, elle fait paraître des articles sur la littérature prolétaire. Elle écrit la préface du Chantier, recueil du maçon Poncy 1844 et soutient aussi le tisserand Magu, le cordonnier Lapointe. Elle est depuis 1840 en relation avec Agricol Perdiguier, auteur du livre du compagnonnage, à qui elle donne les moyens financiers d'accomplir un tour de France pour prêcher la réforme du compagnonnage. Elle lance avec des amis berrichons le journal "avancé" l'Eclaireur de l'Indre et du Cher en 1844.

1847 Mariage de solange avec le sculpteur Clésinger, contre le gré de George Sand. Scènes à Nohant. Chopin prend le parti de Solange et rompt avec George Sand. Début de l'Histoire de ma vie.

1848 George Sand accueille avec enthousiasme la révolution de février et devient la conseillère écoutée de Ledru-Rollin. Maurice est maire de Nohant, les amis berrichons de George Sand sont "placés" à Cha^teauroux, La Châtre. L'écrivain rédige des circulaires gouvernementales. On lui reproche, à la veille des élections d'avril, d'exhorter, dans le numéro 16 du Bulletin de la République, le peuple à l'insurrection, si les modérés viennent au pouvoir. Ils y viennent en effet. George Sand est en avril et mai découragée par les manifestations et émeutes manquées, et très suspectée par ceux qui ne souhaitent pas l'avènement du socialisme. De retour en mai à Nohant, elle n'est pas attaquée par les paysans, mais des ouvriers de La Châtre viennent manifester contre elle. Les journées de juin la déterminent à se terrer. Ses amis sont exilés ou poursuivis. Mort de son demi-frère Hippolyte.

1849 La petite Fadette
Mort de Chopin

1851 Claudie (théâtre). Moeurs et coutumes du Berry. Les visions de la nuit dans les campagnes, articles publiés dans l'Illustration jusqu'en 1852. Maurice Sand monte un théâtre de marionnettes à Nohant. George Sand y collabore passionnément. Liaison avec Alexandre Manceau. George Sand, surprise par le coup d'état du 2 décembre à Paris, où se joue Le Mariage de Victorine, part pour Nohant le 4 avec sa petite-fille.

1853 Les Maîtres Sonneurs

1855 Fin de l'Histoire de ma vie
nouvel article à l'Illustration sur le Berry et ses coutumes
Mort de "Nini", fille de Solange, qui avait été reprise par George Sand et mise en pension

1858Légendes rustiques, illustrées par Maurice Sand

1876, le 8 juin, mort de George Sand

L'Indre vue par George Sand